Pourquoi prenons-nous du poids ?

Votre poids dépend d’une équation toute simple, mais facile à déséquilibrer. La variation du poids correspond au nombre de calories ingérées diminué du nombre de calories brûlées. Si vous brûlez autant de calories que vous en consommez, votre poids sera stable. Si vous en consommez davantage, vous gagnerez du poids.

Quand on suit un régime amaigrissant, on tente généralement de réduire l’apport en calories. Votre poids actuel est attribuable à une combinaison de facteurs: la nature et la quantité des aliments que vous consommez, vos gènes, votre style de vie et votre culture.

• Votre alimentation – Ce que vous mangez et la quantité d’aliments ingérés ont un effet sur votre poids. Je parlerai de ce sujet dans le reste de l’ouvrage.

• Vos gènes – C’est en partie vos parents que vous devez blâmer ou remercier pour ce qui est de votre poids et de votre silhouette. Des études réalisées sur des jumeaux élevés séparément révèlent que les gènes ont un effet majeur sur la prise de poids ou la surcharge pondérale, ce qui signifie que certaines personnes ont une prédisposition génétique à l’excès de poids. L’hérédité joue en effet un rôle dans la tendance à stocker la graisse dans la région de la poitrine et de la taille.

Certaines personnes sont plus sensibles aux graisses

Il est également possible que certaines personnes soient plus sensibles que d’autres aux calories des gras et des glucides, bien que les preuves à ce sujet soient encore minces. Il faut toutefois insister sur la locution « en partie», parce que la seule hérédité ne peut expliquer la rapide augmentation du taux d’obésité observée aux États-Unis au cours des 30 dernières années, ni les énormes différences encre les taux d’obésité de divers pays. Il est possible que nos ancêtres préhistoriques aient formé nos réponses physiologiques et comportementales à la nourriture. Ces ancêtres devaient régulièrement affronter des situations d’abondance alimentaire et de famine. Puisqu’il leur était impossible de prédire d’où viendrait leur prochain bon repas – de gros buissons de petits fruits ou d’une antilope trop lente -, s’empiffrer chaque fois que la nourriture abondait a peut-être été le secret de leur survie en période de disette alimentaire. En raison de cette adaptation aux conditions de survie, il se peut que de complexes interactions d’ordre chimique entre le corps et l’esprit survenues il y a des millénaires en réaction à des périodes de famine nous incitent à manger chaque fois que cela est possible, c’est-à-dire, à notre époque de surabondance, tout le temps.

• Votre style de vie – Si manger constitue le membre agréable et sensuel de l’équation représentant le changement de poids, le métabolisme et l’activité physique en représentent le membre opposé. Votre métabolisme au repos, c’est l’énergie dont vous avez besoin pour respirer, pour pomper le sang afin qu’il circule dans les veines, pour transmettre au corps les messages du cerveau, pour maintenir la température du corps, pour digérer les aliments consommés et pour garder le degré de tension musculaire adéquat.

Ce métabolisme basal compte pour 60 à 70% de votre dépense énergétique quotidienne, l’activité physique en constituant le reste. Si vous travaillez assis à un bureau et que votre seule activité physique consiste à marcher de votre voiture jusqu’au bureau, et vice-versa, il est probable que votre activité physique volontaire ne brûle qu’un nombre négligeable de calories. • Votre culture – Dans notre culture occidentale, l’appétit est parfois gargantuesque, et la quantité l’emporte souvent sur la qualité.

Une surconsommation

La gloutonnerie est tolérée, voire admirée. La nourriture et l’amour sont interchangeables : imaginez grand-maman qui vous incite à vous resservir, ou encore les grognements et desserrages de ceinture qui terminent tant de repas de fête, voire ordinaires. Ce ne sont pas là des tendances universelles. En France et dans toute l’Asie, l’accent est mis sur la qualité et sur la présentation des mets, pas sur la quantité que l’on peut empiler dans une assiette. En outre, dans plusieurs cultures, on juge inapproprié ou tout simplement impoli de manger à satiété, et on enseigne aux enfants à manger à 70 % de leur capacité. En plus de tout cela, nous souffrons aux États-Unis de ce que j’appelle un problème de surproduction: les agriculteurs produisent chaque jour l’équivalent de 3800 calories alimentaires pour chaque homme, femme ou enfant du pays.

C’est presque deux fois plus de calories que ce dont l’être humain a besoin en moyenne. La conséquence inévitable de cette surproduction, c’est l’incitation à consommer au maximum. Les producteurs et fabricants d’aliments souhaitent que nous consommions davantage de leurs produits, et ils se font concurrence pour exploiter nos faiblesses. L’industrie alimentaire dépense chaque année des dizaines de milliards de dollars pour connaître les meilleurs moyens de nous faire succomber à la tentation, puis les met en pratique.

Notre prédilection pour le salé et le sucré, héritée de nos lointains ancêtres et jadis nécessaire à notre survie (notre préférence pour les aliments sucrés, par exemple, a aidé nos ancêtres à trier les feuilles et à choisir celles, jeunes et tendres, qui contenaient le plus d’énergie), fait l’objet d’une exploitation continue. La teneur en sel et en sucre des produits a été haussée pour stimuler nos attentes d’un goût salé ou sucré et, bien entendu, pour que nous mangions et achetions davantage.

Qui plus est, on vend de la nourriture partout: les stations-service vendent des beignets et des sandwichs; les librairies et grands magasins proposent café et sucreries; et, dans les stades de baseball et autour d’autres terrains de sport, vous pouvez ingurgiter un repas pantagruélique. Les restaurants se sont mis de la partie. Les modestes portions de la cuisine nouvelle sont chose du passé: il n’est pas rare qu’on vous serve aujourd’hui un repas contenant de 1500 à 2000 calories, soit assez d’énergie pour toute une journée! L’accès incroyable à la nourriture et la variété illimitée d’aliments offerts mettent à l’épreuve la volonté du consommateur le plus raisonnable. Cette situation, combinée au manque d’exercice physique, entraîne inévitablement une prise de poids. Du fait que le contrôle du poids est le facteur unique le plus important d’une bonne santé, une surconsommation d’aliments présente de graves risques pour la santé.

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