Les bienfaits des acides gras omega-3

Une classe d’acides gras polyinsaturés mérite une attention spéciale même si elle ne constitue qu’une minorité parmi les gras de notre alimentation. Il s’agit des acides gras oméga-3. Ce sont des acides gras essentiels, c’est-à-dire que le corps ne peut ni les fabriquer ni les tirer d’autres types de gras, et qui sont nécessaires aux fonctions normales de l’organisme. Vous devez donc obtenir les acides gras oméga-3 de vos aliments, surtout le poisson, mais aussi les graines de lin, les noix, l’huile de canola et l’huile de soya non hydrogénée. Certains des acides gras oméga-3 dont vous avez peut-être entendu parler sont l’acide eicosapentanoïque (EPA) et l’acide docosahexanoïque (DHA).

Des composants majeurs

Qu’est-ce qui rend les acides gras oméga-3 si spéciaux? Disons d’abord que ce sont des composants majeurs des membranes cellulaires dans tout l’organisme, surtout dans les yeux, le cerveau et le sperme. De plus, ils constituent la matière première à partir de laquelle sont fabriquées les hormones, notamment celles qui régulent la coagulation sanguine, la contraction et la relaxation des artères, ainsi que l’inflammation.

Fait peut-être tout aussi important, ces acides gras oméga-3 ont des effets bénéfiques pour la prévention ou le traitement de la maladie coronarienne, de l’accident vasculaire cérébral et de bien d’autres affections, et peut-être aussi de maladies reliées à l’auto-immunité comme le lupus, l’eczéma et la polyarthrite rhumatoïde. Ce sont les preuves de leur effet protecteur contre la maladie coronarienne qui sont les plus convaincantes. Les acides gras oméga-3 jouent un rôle critique pour ce qui est de garder le rythme cardiaque régulier et de l’empêcher de dégénérer en une arythmie parfois fatale.

Ces arythmies causent une bonne partie des quelque 200 000 crises cardiaques qui se produisent chaque année aux États-Unis – dont la moitié frappent des personnes n’ayant aucun antécédent d’affections cardiaques. L’histoire de cette découverte commence par le voyage d’un physiologiste britannique chez les Innus de l’Arctique, population naguère remarquable pour la faiblesse de son taux de maladies coronariennes malgré une alimentation riche en gras.

De nombreux bienfaits sur le cholestérol

Depuis, des douzaines d’études ont prouvé que les acides gras oméga-3 du poisson et d’autres sources protègent contre les crises cardiaques en prévenant les arythmies, en rendant le sang moins susceptible de former des caillots dans les artères (cause ultime de la plupart des crises cardiaques), en améliorant l’équilibre du cholestérol et autres lipides du sang, et en iimitant l’inflammation (laquelle joue un rôle dans l’apparition de l’athérosclérose). Un vaste essai randomisé mené en Italie vient étayer la thèse des bienfaits des acides gras oméga-3.

Dans l’essai de prévention de l’infarctus du myocarde (Gruppo Italiano per lo Studio della Sopravvivenza nell’Infarto miocardio ), plus de 11 000 hommes et femmes ayant survécu à un infarctus devaient prendre chaque jour une capsule de 1 g contenant soie des acides gras oméga-3, soit un placebo. Au bout de trois ans, dans le groupe ayant reçu les acides gras oméga-3, on a constaté une réduction de 10% du nombre de décès (et une réduction de moitié du nombre de morts subites), de secondes crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux. Malheureusement, les acides gras oméga-3 ne sont plus aussi abondants dans le régime alimentaire moyen qu’ils l’ont déjà été. L’industrie alimentaire recourt délibérément à l’hydrogénation partielle pour les détruire dans les huiles végétales afin de retarder le plus longtemps possible le rancissement de celles-ci.

Le rapport oméga-3/oméga-6

Le boeuf et le poulet contiennent moins de ces acides gras parce que, au lieu de se nourrir de plantes et de graines sauvages riches en oméga-3, la plupart de ces animaux reçoivent des céréales qui en renferment peu. Le prix relativement élevé du poisson met désormais cette excellente source d’acides gras oméga-3 hors de portée du budget de nombreux ménages. Un ouvrage populaire, The Omega Diet, d’Artemis Simopoulos et de J o Robinson, se fonde sur l’idée (mais sans preuve directe constatée chez l’humain) selon laquelle un rapport élevé d’oméga-3 par rapport aux oméga-6 serait la recette d’une bonne santé.

L’objectif de ce régime est d’augmenter l’apport en oméga-3 et de réduire celui d’oméga-6, lesquels se trouvent dans la plupart des huiles végétales riches en acide linoléique. Beaucoup de Nord-Américains auraient certainement avantage à augmenter leur consommation d’oméga-3. Mais certains faits solides indiquent que les acides gras oméga-6 – qui composent la majorité des gras polyinsacurés de notre alimentation – aident l’individu à atteindre un sain équilibre des cholestérols et réduisent le risque de maladie coronarienne.

Dans l’étude Nurses Health Study, on n’a pas constaté que le rapport entre les oméga-3 et les oméga-6 avait un effet sur la maladie coronarienne parce que les deux sont bénéfiques. Bien entendu, cout excès est néfaste; nous ne savons pas quelle est la limite maximale de l’apport en acides gras oméga-6 (ou oméga-3) pour que la santé soit optimale Ce que nous savons, toutefois, c’est que la réduction de l’apport en oméga-6 dans l’alimentation de !’Américain moyen risque d’annuler une partie des progrès réalisés au cours des 30 dernières années dans la prévention des décès causés par la maladie coronarienne. Vu l’ampleur et la diversité des bienfaits offerts par les acides gras oméga-3, chacun devrait ajouter à son régime quotidien au moins une bonne source de ces acides. Une dose quotidienne d’oméga-3 est particulièrement importante pour les femmes enceintes ou qui veulent le devenir. Dès sa conception, le foetus a besoin d’un apport constant d’acides gras oméga-3 pour la formation du cerveau et d’autres éléments du système nerveux.

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