Le poids idéal et l’IMC : entre mythe et réalité

La surcharge pondérale – l’excès de poids – affecte l’individu sur plusieurs plans, et contribue à déterminer comment celui-ci se sent et comment les autres le traitent. Elle a des répercussions directes sur votre santé actuelle et future. Au fil des ans, cette surcharge vous coûte (ou coûte à votre assureur) des milliers de dollars en frais médicaux supplémentaires. Elle constitue également un problème de santé publique. Si la tendance se maintient, nous pourrons appeler la première décennie du XXIe siècle « décennie de l’obésité».

Depuis le début des années 1960, la proportion d’ Américains un peu trop gros est restée à peu près la même: un peu plus de 30 % . Ce qui a changé, toutefois, c’est la proportion d’ Américains obèses: près du quart d’entre eux tombent désormais dans cette catégorie, soit presque deux fois plus qu’au début d es années 1960. L’obésité chez l’enfant augmente elle aussi, tendance alarmante puisque l’obésité précoce est une variable prédictive majeure des maladies cardiovasculaires.

Résultat: aux États-Unis, on dépense chaque année plus de 50 milliards de dollars à cause de l’obésité et de ses complications. La situation n’est guère plus brillante ailleurs dans le monde. L’Organisation mondiale de la santé qualifie l’obésité d’ « épidémie mondiale». Même si les famines dévastatrices et la faim font les manchettes, la surcharge pondérale, l’obésité et leurs répercussions sur la santé ont commencé à remplacer la sous-alimentation et l’infection comme causes principales des invalidités et décès prématurés dans bon nombre de pays en voie de développement.

Qu’est-ce qu’un poids sain ?

À ce qui semble être une question toute simple, il est extrêmement difficile de répondre. Pourquoi? D’abord parce qu’un poids qui semblerait parfait pour une personne de 1,85 m – disons 80 kg- est beaucoup trop élevé pour une personne de 1,50 m. Par ailleurs, il subsiste beaucoup de confusion à ce sujet en raison de la manière dont les poids santé ont été définis dans le passé. L’«indice de masse corporelle», aussi appelé «indice de Quételet», règle le premier problème. Une mesure du poids adaptée à la taille rend compte du fait que les personnes de grande taille pèsent davantage que les personnes de petite taille. Si vous aimez les mathématiques, vous pouvez calculer vous-même votre indice de masse corporelle (IMC): divisez votre poids en kilos par le carré de votre taille en mètres.

La méthode traditionnelle utilisée pour établir les principes des IMC sains consiste à examiner les eaux de mortalité de vastes groupes de personnes, puis à choisir les IMC comme« fourchette santé», les IMC correspondant aux eaux de mortalité les plus faibles. Cet exercice aboutit généralement à une courbe en U, avec fréquences maximales aux extrémités, et minimales au centre. La forme de cette courbe implique qu’un poids trop faible est toue aussi malsain qu’un poids excessif. En tout cas, rien ne remet en question le caractère malsain d’un poids excessif. D’innombrables études, donc une portant sur plus d’un million d’adultes, ont démontré qu’un IMC supérieur à 25 augmente le risque de more prématurée, le plus souvent causée par une cardiopathie ou un cancer. Presque tout le monde s’entend pour dire qu’un IMC de 25 à 30 correspond à une surcharge pondérale et que, au-dessus de 30, il s’agit d’obésité. Toutefois, c’est la branche de l’U symbolisant les poids trop faibles qui a semé la confusion.

Peut-on être trop maigre?

Certains experts ont déclaré que les courbes en U signifient exactement ce qu’elles illustrent, c’est-à-dire qu’un poids trop faible peur lui aussi augmenter le risque de more prématurée. D’autres, dont moi-même, croient qu’une simple explication par relation de cause à effet est trompeuse. Expliquons pourquoi: les fumeurs sont généralement plus minces que les non-fumeurs parce que l’usage du tabac émousse l’appétit. Du fait que le tabagisme est un puissant facteur de risque de décès, on aura tendance à considérer la minceur en tant que celle comme malsaine. En outre, dans toute population nombreuse, les personnes les plus minces sont celles qui sont atteintes de maladies qui provoquent le plus souvent un amaigrissement (cancer, cardiopathie et emphysème), en plus de celles qui ont réussi à atteindre un équilibre à long terme encre le nombre de calories ingérées et le nombre de calories brûlées.

Autrement dit, un poids trop faible n’est pas nécessairement une cause de décès prématuré, mais est souvent plutôt le résultat d’une maladie parfois fatale, diagnostiquée ou non. L’un des moyens de contourner ces limites consiste à tenir compte exclusivement des non-fumeurs et à ne pas inclure dans les calculs les décès survenus durant les premières années du suivi. C’est l’approche qu’a adoptée la Société américaine du cancer dans une étude d’une durée de 10 ans réalisée sur plus de 300 000 hommes et femmes initialement en bonne santé.

Le résultat a été un rapport en ligne droite encre l’IMC et la mortalité: les eaux de mortalité diminuaient régulièrement à mesure que baissait l’IMC. Une tendance analogue est apparue dans l’étude Nurses’ Health Study chez les non-fumeuses: chez celles dont le poids était stable et l’IMC aussi faible que 17 (une femme de 1,62 m pesant 45 kg), le taux de mortalité était légèrement inférieur à celui des femmes dont l’IMC se situait entre 21 et 25.

 

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