Le lien entre les protéines et les maladies chroniques

À un moment ou à un autre, un lien a été établi entre les protéines en général et diverses maladies chroniques. L’apport en protéines n’est probablement pas intimement relié à l’apparition du cancer, bien qu’il influe peut-être sur la maladie coronarienne, sur le diabète infantile, sur l’obésité et sur les affections gastro-intestinales. Certaines protéines des aliments, de l’air et d’ailleurs causent diverses allergies; cependant, nous ne traiterons pas ce sujet en détail ici.

Protéines et cancer : Il n’y a pas de preuve solide qu’une consommation excessive ou insuffisante de protéines influe sur le risque de cancer chez l’humain. Vous avez peut-être entendu parler du faible taux de cancers au Japon, où l’alimentation moyenne compte un peu moins de protéines que la nôtre et beaucoup moins de protéines d’origine animale. En réalité, le eaux de cancers totaux du Japon traditionnel était à peu près le même que le nôtre; c’étaient les types de cancers les plus courants qui étaient différents encre nos deux pays. Plusieurs études prospectives ont laissé entendre qu’un régime riche en méthionine – l’un des constituants des protéines – pourrait contribuer à réduire le risque de cancer du côlon et peut-être celui du cancer du sein. Nous ignorons quelle quantité de méthionine peut fournir la protection maximale. Un récent rapport issu de l’étude Nurses’ Health Study indique que, parmi les femmes présentant un cancer du sein, celles qui consomment le plus de protéines (donc moins de glucides) vivent plus longtemps que celles donc l’alim;ntation est plus pauvre en protéines et plus riche en glucides. Évidemment, il faudrait que ce rapport soit confirmé par d’autres recherches.

Protéines et maladie coronarienne : Réduire l’apport en glucides et en remplacer les calories par celles provenant de protéines fait baisser le taux de triglycérides du sang, qui augmentent le risque de maladie coronarienne, et monter celui du bon cholestérol HDL. Comme on observe les mêmes effets si on remplace les glucides par des gras monoinsaturés ou polyinsaturés, il se pourrait très bien que les taux de lipides du sang réagissent à la réduction des glucides bien plus qu’à l’augmentation des protéines ou des gras.

L’étude Health study sur l’alimentation protéinée

Jusqu’à présent, l’étude Nurses’ Health Study est la seule vaste étude prospective à avoir examiné le lien encre les protéines et les maladies cardiovasculaires. Au cours des 14 années de l’étude, nous avons interrogé sur leur alimentation plus de 80 000 femmes en bonne santé au départ. Dans le groupe de femmes consommant le plus de protéines (environ le quart de l’apport calorique quotidien), le risque de subir une crise cardiaque ou de mourir d’une maladie coronarienne était réduit de 25% par rapport à celui des femmes en consommant le moins (environ 15% des calories). La provenance des protéines – animale ou végétale – ne semblait pas faire de différence, et l’effet de protection apparent s’appliquait autant aux femmes dont l’alimentation était pauvre en gras qu’à celles dont l’alimentation était riche en gras. Même si ces effets restent à confirmer, ils nous rassurent sur le fait qu’une consommation de protéines même importante ne fait pas de tort au coeur.

Protéines et diabète : La quantité de protéines de l’alimentation ne semble pas avoir d’effet sur l’apparition du diabète de type 2 (adulte). Une ou plusieurs des protéines propres au lait de vache jouent peut-être – et j’insiste sur le mot« peut-être» – un rôle dans l’apparition du diabète de type 1 chez les enfants; c’est l’une des raisons qui font que le lait de vache n’est pas recommandé pour les nourrissons .

Protéines et contrôle du poids : Comme il a été dit au chapitre 3, on recommande souvent de remplacer les glucides par des protéines pour perdre du poids ou éviter d’en gagner. Deux raisons font que cette stratégie peut être plus efficace qu’un régime hypocalorique riche en glucides. Premièrement, le poulet, le bœuf, le poisson, les légumineuses et les autres aliments riches en protéines ralentissent le passage de la nourriture de l’ estomac à l’intestin, et causent une augmentation de la glycémie relativement faible et uniforme. Ainsi, vous vous sentez rassasié plus longtemps. Deuxièmement, l’effet des protéines sur la glycémie étant plutôt modéré et uniforme, on n’a pas à subir l’effet de ces pics de sucre suivis de pics d’insuline qui signalent la faim comme c’est le cas lorsqu’on prend des glucides à digestion rapide, par exemple le pain blanc ou la pomme de terre au four. Même si cela semble ouvrir une nouvelle voie vers le contrôle du poids, aucune étude à long terme de cette approche n’a encore été réalisée.

Protéines et autres maladies chroniques : Le corpus des publications médicales regorge de rapports liant des affections diverses – allant de l’arthrite aux troubles respiratoires, en passant par les troubles digestifs chroniques – aux réactions d’allergie à certaines sources de protéines. Nous savons que les œufs, le poisson, le lait, les arachides, les diverses noix et le soja provoquent des réactions allergiques chez certaines personnes. Un rapport étonnant et très bien documenté, publié récemment dans le New England Journal of Medicine, par exemple, révèle qu’ il y a quelque chose dans le lait de vache qui provoque une réaction allergique entraînant une constipation sévère chez des tout petits. Dans un groupe de 65 bambins souffrant de constipation chronique, le remplacement pendant deux semaines seulement du lait de vache par du lait de soja a réglé le problème de constipation chez deux enfants sur trois. Le retour au lait de vache a fait réapparaître la constipation. Qui plus est, les enfants qui « réagissaient» au lait de soja étaient plus susceptibles que les autres de contracter une rhinorrhée constante, des bronchospasmes et une inflammation cutanée. Voilà un rapport qui signale l’existence d’autres liens entre telles ou telles protéines et certaines maladies chroniques.

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