Horloge biologique et alimentation

Les rythmes biologiques qu’impose le corps sont ceux de l’alternance entre sommeil et veille. Ils s’établissent en parallèle des temps de jeûne et des temps où l’on mange. La nuit est décrite par nos interlocuteurs comme un moment essentiel, un moment de repos où le corps se détoxifie et se ressource. En aucun cas, la nuit ne doit être un moment où l’ on s’alimente. Pour Nids comme pour Auriane, le repas du soir est d’autant plus important qu’il aide à la reconstruction des organismes pendant la nuit.

Nids est attentif à consommer, chaque soir, de l’ huile crue en accompagnement de ses crudités: « Parce que le cerveau il se reconstruit la nuit, si tu consommes ton huile le »soir il a tout ce qu’il lui faut pour la nuit, et des noix, plein de noix. » L’évocation des horloges biologiques place l’individu non plus dans le temps historique mais dans le temps biologique, celui de la vie et de la more. Les régimes alimentaires souffrent des exigences du temps qui passent, de ces passages et ces intermédiaires que sont l’enfance, la maternité, la ménopause, la vieillesse et la mort. Les ouvrages de diététique insistent sur ces moments particuliers qu’ils définissent comme des moments de vulnérabilité.

Des écarts sont possibles

La question de l’ alimentation, de ses risques et de ses bienfaits sur la santé acquiert dans ces moments une nouvelle dimension. Suivant une ligne directrice commune à l’ensemble des mangeurs du foyer, nos interlocuteurs sont également attentifs à la possibilité, voire la nécessité, de réaliser des écarts et des ajustements en fonction des saisons de la vie. Chez Adèle, homme et enfant ont droit à une ration de viande supplémentaire: « La petite c’est pas pareil, a priori, il lui faut tous les jours soit de la viande, du poisson ou un oeuf, un jaune d ‘ oeuf, ça il faut »; quant à son compagnon, François : « Je fais plus attention à ce qu’il mange lui, s’ il a envie d’une viande, je fais une viande, mais moi si j’ai envie de m’en passer, je m’en passe. » Sandra, quant à elle, ch ange certaines de ses habitudes alimentaires avec l’arrivée de ses règles.

Quand l’enfant devient adolescent puis adulte, ses goûts évoluent et cette évolution, à la fois sociale et individuelle, marque le passage d’un état à un autre.L’attrait de Léa et de sa soeur pour le Nutella et les « gâteaux chimiques » marque l’ambivalence et la complexité du passage entre l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte. Si elles font quotidiennement attention à équilibrer leur alimentation et à manger fruits et légumes biologiques, elles avouent continuer, lors du goûter, à manger des « gâteaux chimiques » et du Nutella, qu’ elles associent à la fois aux goûts et au temps de l’ enfance: « Puisqu’il est processus, coût passage est successivement et à la fois, un avant et un après, un ici et un là-bas, séparation mais adhésion, perte mais gain, désidentification mais identification»

Tout comme les personnes âgées, les adolescents et les enfants, les femmes enceintes, et à travers elles le futur enfant, font l’objet d’une attention particulière. De la grossesse à la maternite, une inquiétude est projetée sur la femme enceinte, pensée comme vulnérable, tout comme sur l’enfant qu’elle porte. La responsabilité de la mère quant à l’alimentation de son enfant est particulièrement mise en avant par la littérature diétetique.

Elle est d’autant plus focalisée sur la mère que l’enfant est encore dans son ventre. Une fois mis au monde, l’enfant et son alimentation deviennent des questions et des responsabilités partagées, éclatées, dans laquelle d’autres déterminants quel’ alimentation maternelle entrent en ligne de compte .

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