L’eau en bouteille contre l’eau du robinet

Si dans les représentations l’eau pure permet de détoxifier et de nettoyer les organismes, en pratique l’eau ingérée est source de multiples incertitudes. Eau en bouteille, eau filtrée, eau purifiée ou eau du robinet ? Savoir quels types d’eau consommer est l’une des questions les plus épineuses en matière de santé. Les avis divergent en fonction de l’ échelle des dangers et des nocivités que les mangeurs ont construites mais tous reconnaissent qu’aucune solution n’est réellement satisfaisante.

Pour Odile comme pour Sandra, la contamination de l’eau par le plastique des bouteilles semble être le danger le plus important: « Les plastiques ça veut dire phtalates, comme l’eau est en contact depuis on sait pas combien de temps, le phtalate va dedans, donc finalement je trouve quel’ eau du robinet est encore plus saine que ce quel’ on peut mettre en bouteille. » Chez Sandra, on boit donc l’eau du robinet et s’il faut la transporter les contenants sont des gourdes métalliques ou des carafes en verre. Pour autant, elle est consciente que l’eau du robinet est elle aussi une eau traitée avec des adjuvants chimiques. Elle reconnaît qu’aucune solution n’est réellement satisfaisante et que le « prochain chantier familial » portera sur l’eau.

Les filtres

Ils sont nombreux à avoir tenté l’expérience des filtres Brita. Perçus comme une solution pour continuer à boire l’eau du robinet tout en pouvant en extraire les impuretés, les filtres s’avèrent peu écologiques (il faut les remplacer régulièrement), peu hygiéniques et même peu sains puisque, comme le souligne Odile, ils ne font pas la différence entre les bonnes molécules et les mauvaises. D’autres, comme Éléonore, trouvent l’eau du robinet vraiment trop calcaire et se rabattent sur des eaux minérales, qu’ ils prennent soin, comme Auriane ou Myriam, de choisir parmi un panel limité d’eau faiblement minéralisée. Enfin, si les parents d’ Auriane ou ceux d’Armand ont acquis des adoucisseurs d’eau, d’ autres, notamment lorsqu’ils ne peuvent pas se permettre de gros travaux, mettent au point des techniques provisoires : « On laisse décanter l’eau pendant la nuit et on la boit le lendemain bouillie, mais bon, l’eau de Strasbourg, ils ont beau faire plein de pub avec leur belle bouteille, elle est pas bonne. »

S’ il semble que les individus mettent tout en oeuvre pour garder la stabilité et la pérennité de leur système alimentaire, pour autant, il ne cesse de changer. Et pour les mangeurs sains, les régimes alimentaires changent d’autant plus vite qu’ils sont soumis aux contraintes de la marge, aux contraintes du petit nombre, insérés dans une société où les informations nutritionnelles et sanitaires évoluent constamment. Inscrits dans leur temps, les mangeurs sains créent des pratiques culinaires qui prennent en compte des éléments à la fois hérités et nouveaux ayant en commun d’avoir été préalablement réfléchis et questionnés.

Le repas santé idéal se construit autour d’un plat de légumes accompagnés de céréales, place les fruits comme en-cas, donne aux viandes et aux poissons une importance somme toute marginale et fait de l’ eau la principale boisson. Mais il est nécessaire de réinscrire les régimes alimentaire des mangeurs sains dans les cycles saisonniers et les temps sociaux. A

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