Doit-on s’inquiéter des gras trans

Un seul type de gras alimentaire est pire pour la santé que le gras saturé: le gras trans, de plus en plus courant. Au début du XXe siècle, l’ Américain moyen ingérait une quancicé négligeable de ces gras fabriqués par l’homme, lesquels, au début du XXe siècle, constituent désormais de 2% à 4% de l’apport quotidien en calories. Les gras trans sont abondants dans beaucoup de margarines, dans les shortenings comme le Crisco, dans les frites de la restauration rapide et dans les innombrables produits dont Pétiquette mentionne « huile végétale partiellement hydrogénée» ou « shortening ».

Il y a plus de trois décennies déjà que l’on a commencé à soupçonner les gras crans d’être particulièrement actifs dans le déclenchement ou le maintien du processus menant au blocage des artères. Mais ce n’est que depuis quelques années que les preuves se sont accumulées contre les gras trans solidifiés. Par exemple, aux Pays-Bas, une étude métabolique soigneusement contrôlée a révélé que les calories des gras crans non seulement faisaient monter le taux de mauvais cholestérol LDL autant que celles des gras saturés, mais aussi réduisaient le taux de bon cholestérol HDL.

Augmentation des triglycérides

D’autres études ont indiqué que les gras trans augmentent dans le sang le taux de triglycérides et d’une autre substance appelée «lipoprotéine ». Voilà qui est fort mauvais, puisqu’un lien a été établi entre la maladie coronarienne et une concentration élevée de triglycérides et de lipoprotéine. Les gras trans semblent également rendre les plaquettes ( élément du sang jouant un rôle majeur dans la coagulation) plus collantes qu’elles ne devraient l’être, donc plus susceptibles de former des caillots dans les vaisseaux sanguins du cœur, du cerveau et d’autres organes.

Ce double, triple voire quadruple effet néfaste des gras trans devrait provoquer une hausse du taux de maladies coronariennes. C’est le cas. L’augmentation de la production et de la consommation de gras trans aux États-Unis s’est accompagnée pendant presque tout le siècle d’une hausse parallèle du taux de maladies coronariennes. Des preuves encore plus convaincantes nous sont données par l’étude Nurses’ Health Study. Les femmes qui consommaient le plus de gras trans (environ 3% de l’apport calorique quotidien) couraient 50% plus de risques de contracter une maladie coronarienne sur une période de 14 ans que les femmes qui en consommaient le moins (un peu plus de 1 % de l’apport calorique quotidien).

Réduction des gras trans par l’industrie agro alimentaire

Les femmes consommant le moins de gras trans et le plus de gras polyinsaturés couraient 70 % moins de risques de contracter une maladie coronarienne que les femmes consommant le plus de gras trans et le moins de gras polyinsaturés. En Europe, l’industrie alimentaire a rapidement réagi aux inquiétudes suscitées par les gras trans en s’engageant à en réduire la teneur dans les aliments. Dès 1995, la plupart des margarines européennes étaient quasiment exemptes de gras trans, et d’autres améliorations sont prévues. Aux États-Unis, la teneur en gras trans des margarines a baissé un peu durant les années 1980 et 1990, les fabricants commençant à produire certaines margarines et tartinades plus riches en gras polyinsaturés et, par ricochet, moins riches en gras trans.

Ces améliorations ont toutefois été annulées lorsque l’industrie de la restauration rapide a décidé de remplacer pour la grande friture la graisse de boeuf par des huiles végétales très hydrogénées à haute teneur en gras trans. Après presque cinq ans d’études, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a décidé, fin 1999, d’exiger que l’étiquette des aliments indique la teneur en gras crans, et pas seulement en gras total et en gras saturés. Les consommateurs savent enfin ce que contiennent les aliments qu’ils achètent et sont en mesure d’éviter ceux qui renferment des gras crans. Cela aidera à prévenir chaque année certains des quelque 30 000 décès prématurés dus à la maladie coronarienne que cause aux États-Unis la présence des gras rrans dans les aliments.

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